Mon séjour d'un mois à Venise

Publié le par vandenalain

 

  Petit voyage décontract beaucoup de marche de vaporetos et de gondoles, mais ça vaut le coup

 

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  4 semaines à parcourir toutes les petites rues très étroites,dans cette ville que j'ai trouvé fantastic, on dit voir Venise et mourir, mais j'ai compris (mort de fatigue.)

sans compter les vaporetos, et , les gondoles.Sans compter les traversées direction hotel, Furiano et toute les petites iles des alentours. 

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 S.MICHELE

Après avoir largué les amarres aux "Fondamenta Nuove", le "vaporeto" sur lequel nous nous sommes embarqués s'éloigne en soulevant des bouffées d'eau qui vont éclabousser bruyamment le mole. Nous nous dirigeons vers s.Michele(st Michel), le cimetière de Venise.

L'ensemble carré en pierre,allégé par des niches, se détache contre le vert sombre des cyprès; au-dessus de ceux-ci émerge le campanile de l'église en blanche pierre d'Istrie, décorée d'inserts polychromes, qui protège la solitude où reposent des artistes comme E.Pound et Stravinsky.

   

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  Murano

Nous choisissons la gondole pour nous rendre à Murano et les cyprès à l'embarcadère nous font penser à

 Thomas Mann et à son récit "mort à Venise"La gondole nous semble vraiment "plus noire qu'à l'ordinaire,-la gondole nous rappelle donc des aventures cachées et

 criminelles dans la nuit agitée, et rappelle encore plus la mort elle-meme, les cercueils et les obsèques ténébreuses, et le dernier et silencieux voyage". En revanche notre gondolier est loquace et manoeuvre la rame avec maestria: nous sommes bientot à Murano.

L'ile est proche: en 1609,G.Galilei pouvait avec sa longue-vue, voir du campanile de Saint Marc, les gens"monter et descendre de gondole au passage de la Colonne, à l'entrée du Rio dei Verieri"(rio des verriers).

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  Nous descendons nous aussi à l'arret. Murano-Colonna et commençons la visite de cette ile célèbre dans le monde entier pour ses verreries.

Le commerce ne fut toutefois pas sa vocation première: " le charme de l'air et du site" (A.Calmo) était tel que les patriciens vénitiens la choisirent pour leurs moments d'oisiveté litteraire; c'est ainsi que Casanova et Carlo Gozzi avaient  pris l'habitude de se réunir dans leurs jardins; un bon groupe de lettrés avait l'habitude de fréquanter le salon d'Aldo Manunzio, imprimeur et diffuseur de culture grecque et romaine.

Mais aujourd'hui c'est l'art du verre qui attire les touristes à Venise: meme ce qui est resté du monastère des Clarisses de l'église de S.Chiara (Sainte Claire) est utilisé comme magasin de verrerie.

Aux "Fondamenta Vetrai" les boutiques se succèdent l'une à coté de l(autre et les artisans d'une très grande habileté y exercent leur fantaisie: c'est ainsi que de leurs mains et de leurs souffle naissent des miracles de couleur et de délicatesse.

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  Mazzorbo

Mazzorbo nous accueille avec la tranquilité dans laquelle vivent en général les vilages hors du temps: des maisons aux couleurs vivaces, l'église du couvent S.Caterina( sainte Catherine), datant du quinzième siècle , et une profusion de jardins.Il s'agit de petits vignobles enclos derrière des haies coupe-vent, de robiniers et de tamaris: avec ces raisis on produit du vin blanc, appelé "or potable". Avec un peu de chance nous réussirons à y goùter dans la maison d'un producteur:"raisin d'or", d'un cépage originaire du Frioul,on obtient la "bianchetta" et la "candiota",dont le nom nous en dit long sur l'origine du cépage.La visite de l'église est tout particulièrement intéressante à cause de détails architecturaux spectaculaires, comme le plafond en carène de bateau et le campanile à sommet en coupole, placé sur le côté gauche de l'édifice et où sonne encore une cloche de 1318.

Torcello :

sur le "vaporetto" nous avons la chance de rencontrer l'un des rares résidents de Torcello: habitué aux groupes d'écoliers bruyants et aux hordes de touristes excités,il accepte de bavarder avec nous, qui avons passé le temps en contemplation de l'étendue d'eau interrompue par des "barene" nues qui se confondent à l'hotizon.  

Il nous raconte les légendes de l'île, celle du "trono di Attila"(trône d'Attila), que nous verrons sur la Piazzetta (Petite place) et celle du "Ponte del Diavolo( Pont du diable), l'un des rares ponts sans parapets latéraux, comme à l'origine.

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 Il nous parle des anciens habitants d'Altino qui échappèrent au roi barbare en se réfugiant dans la lagune, mais en conservirent le terrible souvenir, au point d'en voir la triste silhouette flotter sur un bloc de pierre en forme de chaise, d'où en revanche les tribuns du peuple administraient la justice.

Et le "pont du diable"...

Le récit est si vivace qu'il semble que notre interlocuteur lui-même ait vue le diable se promener sur le pont durant une nuit de brouillard dense où...les lanternes qui le localisaient semblaient, pour cette "ombra"(goutte de vin) en plus, des yeux de feu...

Le cri du marin qui lance les amarres nous ramène à la réalité.

Ici l'île semble moins bien entretenue: les jardins et les vignes ont disparu et seules de hautes herbes nous entourent. nous suivons le sineux parcours du canal qui la coupe en deux et nous conduira à la petite place,le centre artistique de l'île. Le parfum des tamaris nous accompagne jusqu'au "Pont du Diable": sans parapet, il devait certes représenter un sérieux problème pour ceux qui rentraient chez eux après une série d'"ombre"...La vision d'ensemble de la Petite Place frappe de par son uniformité.

Torcello n'a été "lue" que pendant les années 60, grâce à une campagne d'explorations archéologiques.

On fait remonter à de lointaines époques des fréquentations périodiquesde l'île :des pièces archéologiques qui affleurent en couches successives nous parlent d'une certaine activité dès l'époque romaine, d'implantations stables de la part de gens de la terre ferme fuyant les hordes lombardes et qui réalisèrent ici un grand centre commercial, avec des fours à briques, des verreries, des ateliers métalurgiques.

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Dans leur fuites les Altiniens emportèrent aussi avec eux les pierres de leurs maisons et les utilisèrent ici pour constuire leurs habitations et leurs églises. L'âge d'or fut le Moyen-age; puis vint la crise du commerce maritime et dès le XVème siècle ce fut le déclin, quand l'amenée du Sile dans le Piave, qui auparavant d' ébouchait juste devant, transforma la lacune en marécage. Les pierres d'Altino prirent alors le chemin de Rivo Alto, l'antique coeur de Venise.     Certains monastères résistèrent jusqu'à la chute de la République de Venise, mais avec la conquête napoléonienne ceux-ci aussi furent détruits; c'est ainsi que du remarquable patrimoine architectonique qui s'était crée au cours des siècles, on ne peut admirer aujourd'hui que la Basilique de S.Maria Assunta(Sainte Marie de l'Assomption) et l'église de S.Fosca(Sainte Fosca).

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  Pour définir l'architècture de Venise et des îles de la lagune des XIème et XIIème siècles, on a forgé le terme de "vénéto-byzantin" et les structures que nous avons sous les yeux en sont un bon exemple.

L'église de Sainte Fosca, avec son interieur à trois nefs, et la structure externe octogonale originelle, entourée de portiques supportés par des chapitaux élégants, nous rappelle l'Orient. La structure massive de la Basilique se dresse derrière elle: son campanile carré, décoré dans sa partie haute par de délicates fenêtres bigéminées semble la protéger. À l'intérieur l'abside et la contre-façade sont un triomphe d'or: les mosaïstes grecs ont donné ici un exemple magnifique de leur habilité: les figures hiératiques de tout le cycle de mosaïques, statiques dans leurspéplums, réafirment la nature humaine du Christ auprès de sa nature divine; l'effet chromatique obtenu grâce à des bandes et à des taches de tesselles aux couleurs irréelles donne aux personnages unea  dimension hors du temps, qu'exalte l'or qui serty de toile de fond. Nous montons au haut du campanile: nous pourrions le définir le nombril de la lagune. C'est là qu'est née ,il y a très longtemps la première  civilisation lagunaire; ici la boue, la vase, le sable, recouvrent leurs signes des splendeurs passées; le silence et la solitude, brisés seulement par le cri des goélands et par le souffle du vent, protègent l'isolement de ces terres à la frontière entre le ciel et l'eau.

Presque pour marquer une frontière entre la désolation du Grand Marécage au nord et les vivaces Îles vers le sud, Burano nous fait signe avec les couleurs incroyables des façades de ses maisons au delà du canal Borgognoni.  

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BURANO :

Est-ce vraiment la nécessité de reconnaître sa propre maison( certains disent " sa propre épouse") qui a poussé les habitants de Burano à peindre leurs maisons avec des couleurs aussi fortes? Il est certain que leur reflet sur l'eau, qui se brise à chaque clapotis, crée des effets chromatiques imprévisibles. Ce sont justement ces couleurs qui à l'aube et au coucher du soleil se détremperont pour créer des effets de contes de fées, pour appeler ici, au début du siècle, des peintres "impressionnistes" tels De Pisis, Maggioli, Vellani-Marchi, Semeghini qui les saisirent au pinceau dans la nacre de la lagune. Aujourd'hui on peut encore trouver des dentelières sur les "campielli" : penchées sur leurs fuseaux, elles bavardent tout en continuant à créer leurs dentelles au "point d'air", le point même des délicates dentelles que les vaisseaux de la Sérénissime emportait en Orien pour enrichir les soieries des odalisques. La tradition continue, l'Ecole de dentelle a fait des prsélytes: aujourd'hui Musée, c'est là que Cencia Scarpariola, déjà âgée de soixante dis ans, fut appelée à la fin du XIX siècle lorsque l'art de la dentelle semblait sur le point de disparâitre, pour l'enseigner aux jeunes élèves. Via Della Vigna, auprès du musée, dans un antique édicule, une Madonne en bois, somptueusement vêtue d'une robe enrichie de dentelles: la robe de mariée d'une dentelière de Burano conjugue cet art avec la piété populaire.

tout Venise (25)     PUNTA SABBIONI:

Cette longue péninsule nous propose un aspect "mineur" de la lagune: le milieu agricole. C' est ici, en effet,que continueune forme antique d'exploitation des sols sablonneux, où les cultures protégées alternent avec les légumes cultivés en pleine terre.

On y produit ces primeurs que l'on peut acheter sur les marchés vénitiens, et qui arrivent en ville sur des barques chargées de manière invraissemblable.

Grâce à la nature du sol et à l'habilité des agriculteurs, on se fait gloire dans la lagune de goûter des légumes de "chez nous ".

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ILE DE S.ERASMO :  ILE DE S.FRANSCESCO:

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  Aucun toponyme ne peut mieux que S.Francesco del Deserto(Saint François de désert) décrire la désolation des lieux situés entre Torcello, S.Erasmo (S.Erasme) et l'éxtrémité nord de la lagune.L'isolement de l'île S .Francesco, qui n'est pas reliée à la terre ferme par aucun service public, nous invite à une excursion différente: une promenade le long de la côte sud orientale de S.Eramo, qui avant que ne s'allonge la Puna Sabbioni était un lido, au contact avec le large, jusqu'à la "Seca de Bacan", pour observer les oiseaux, avant de revenir vers la côte nord occidentale, et nous rendre en gondole à S.Francesco.

C'est une excursion de 2 heures que la variété des paysages et les grands arbres qui sur une bonne partie de la promenade ombragent le parcours, rendent très agréable.

Ces arbres sont des ailantes, des robiniers et des sureaux où chantent des fauvettes à tête noire et des rossignols qui nous accompagnent jusqu'au Forte Massimiliano (Fort Maximilien), aujourd'hui modeste gardien de légumes frais luxuriants.

Nous continuons notre promenade sur l'étroite plage pour arriver à l'extrémité  sud-orientale de l'ancien lido. Les restes de la dune littorale de S.Erasmo et les bas fonds de la "Seca de Bacan" s'ouvrent devant nos yeux.

Il s'agit d'un ensemble de vastes étendues qui émergent en cas de marées basses et d'une zone étroite déjà colonisée par des herbes folles.

Sur ces bas fonds les oiseaux de passage s'arrêtent par milliers: ce sont des bécasseaux, des chevaliers combattants, des échasses qui s'arrêtent pour tenir compagnie aux foulques qui séjournent normalement sur ces plages.Une fois arrivés à l'éxtrémité nord orientale, devant les groupes d'habitations de Tre Porti(Trois Ports) et Punta Sabbioni qui se reflètent dans le paysage aquatique solitaire, nous tournons vers l'ouest, entre des bassins étendus de viviers; d'épaisses haies de tamaris alternent avec lesbassins, tandis que les hirondelles, les chevalliers cul-blanc, les rousserolles, les bergeronnettes se poursuivent entre les roseaux.

Nous atteignons le canal Passaora: l'aglomération de S.Erasmo, avec son église à létrange façade, est perdue sur le littoral vers le sud.

A l'escale de Punta Vela la vision vers la lagune est splendide, vaste et bleutée, avec des cannaies et des "barene" à perte de vue. Juste devant nous, les austères cyprès du monastère de Saint François nous invitent au recueillement. La légende flotte dans le cloître du XIIIème siècle: en revenant de terre Sainte et désireux d'éviter les obligations mondaines d'un séjour à Torcello, Saint François aurait décidé de s'arrêter dans ce lieux et c'est là qur des frères mineurs construirent un monastère en 1223. Le destin de cet ensemble fut des plus varié au cours des siècles; au dix-neuvième siècle, après avoir servi de poudrière, il fut rendu aux frères.

 

 

 

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L'humaniste Egnazio datant de la fin du seizième siècle, prouve bien combien la Sérénissime tenait à la sauvegarde du milieu lagunaire: attenter aux eaux était comparable à une haute trahison !  Par ailleurs un équilibre précaire celui d'une lagune a besoin d'ètre continuellemnt contrôlé pour être préservé. Sa formation est associée à l'apport constant par les fleuves de matériaux en suspension.C'est matériaux solides, à l'e'mbouchure , ont tendance à se déposer à proximité de la côte. L'action conjointe de la marée et des courants fait qu'ils se consolident et émergent. 

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La suite a demain

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